Qui suis-je ?

Petit retour en arrière…

J’ai grandi dans un pays de contrastes, le Maroc, au milieu d’une société où la misère et la richesse se côtoient impunément, sans se cacher.
Issue de la haute classe sociale casablancaise, j’ai toujours été très mal à l’aise d’appartenir à la classe des privilégiés.
Je l’ai vécue comme une injustice vis-à-vis du reste de la société, avec cette question récurrente : en quoi je mérite plus que les autres ces privilèges ?

J’ai voulu très vite m’échapper de ce milieu très cloisonné et découvrir le monde. 
J’ai eu l’opportunité de venir faire mes études en France.
J’ai commencé ma vie universitaire par un cursus en psychologie…où j’ai acquis mon socle théorique et aiguisé mon mental à l’analyse.
Ma soif de connaître le monde et ma fascination pour les phénomènes de groupe m’a fait bifurquer vers des études de sociologie et d’anthropologie……
J’ai ouvert mes horizons, développé ma tolérance, voyagé dans des contrées lointaines, je me suis enrichie de la différence …mais il me manquait quelque chose

J’ai décidé d’assumer qui j’étais….

Je suis née au Maroc, de deux parents marocains mais je me suis toujours sentie française...

J’ai mis du temps à parler, du haut de mes 3 ans, je baragouinais quelques mots…et mes parents m’ayant inscrite à l’école française, les premiers mots que j’ai prononcés étaient en français.

J’ai donc fait toute ma scolarité en français, j’ai étudié la révolution française, les grands philosophes des Lumière, Maupassant, Balzac, j’ai appris la carte de la France sur le bout des doigts…je me sentais française à l’étranger… Dans la rue, entre le lycée et la maison, je ne comprenais pas les codes, je n’avais qu’une hâte, c’était de rentrer à la maison , d’allumer la TV ou de me plonger dans la lecture d’un livre et de rêver à un autre vie

J’ai rejeté en force la culture marocaine. Je vivais comme une profonde injustice la condition de la femme, les inégalités entre riches et pauvres et surtout l’emprise de la religion….J’ai intégré à l’école française, la vision matérialiste occidentale : « je pense donc je suis ». Tout ce qui venait de la culture marocaine et qui était du domaine de l’irrationnel ne m’intéressait pas.… Ma grand -mère avait un don pour soigner les animaux…mais pfff, elle n’était pas médecin. Elle tenait apparemment ça de son père, herboriste et connu pour guérir des maladies graves comme la sclérose en plaque. Mais à mes yeux, ça ne comptais pas,  il n’avait pas fait d’études universitaires. De temps en temps, ma grand-mère amenait ma mère chez une personne qui la nettoyait des énergies négatives. Ces pratiques me mettait hors de moi. Je ne comprenais pas comment ma mère moder